La colère : votre signal pour écouter vos besoins

(Les émotions : votre système de navigation intérieure)

Beaucoup de personnes perçoivent la colère comme une émotion excessive, dérangeante, voire dangereuse.
Dans ce contexte, très tôt, notre entourage nous apprend qu’il ne faut pas se mettre en colère, que ce n’est « pas joli », qu’il faut se maîtriser.

Peu à peu, face à cette émotion, nous cherchons alors à la faire taire, à la contenir ou à la corriger, au lieu de l’accueillir comme une information.
Ainsi, nous confondons la colère avec la violence.
Et, sans nous en rendre compte, nous passons à côté de l’essentiel.

1.     La colère n’est pas un problème de comportement

Pourtant, quand j’explique la colère en séance, je parle souvent… du bébé.

Un bébé qui se met en colère n’est pas en train de dire :
« Tu vas trop loin. »

En réalité, il est en train de dire :
« J’ai un besoin. »

J’ai sommeil et il y a trop de bruit.
J’ai faim.
J’ai froid.
Je suis inconfortable, change ma couche 😁

Il n’analyse pas.
Il n’argumente pas.
Il exprime.

De la même manière, chez l’adulte, la colère fonctionne ainsi :
elle exprime un besoin à satisfaire.

2.     Avant la limite, il y a le besoin

On parle souvent de la colère comme d’une émotion qui sert à poser des limites.
C’est vrai… mais ce n’est pas le point de départ.

Le point de départ, c’est le besoin.

Un besoin de :

  • repos,
  • respect,
  • écoute,
  • sécurité,
  • reconnaissance,
  • espace,
  • silence,
  • soutien.

Lorsque le besoin est entendu, la colère n’a souvent aucune raison d’apparaître.

3.     Quand personne ne reconnaît le besoin

À l’inverse, si le besoin n’est pas identifié, que l’on continue à s’adapter, à encaisser, à se taire, alors la colère monte.

Elle ne cherche pas à attaquer.
Elle cherche simplement à se faire entendre.

Et plus le besoin a été ignoré longtemps, plus la colère risque d’être intense.

4.     Quand la colère se retourne contre soi

Parfois, la colère ne peut pas s’exprimer vers l’extérieur.
Dans ces moments-là, elle change de direction et se retourne contre soi.

C’est souvent le cas lorsque l’on :

  • n’a pas appris à exprimer ses besoins,
  • a été encouragé à être sage, adaptable, discret,
  • a intégré que déranger, demander ou protester n’était pas acceptable.

Dans ces situations, la colère ne disparaît pas.
Elle se transforme alors en :

  • auto-critique,
  • culpabilité,
  • dureté intérieure,
  • fatigue morale,
  • phrases comme « je suis nul·le », « je n’aurais pas dû », « c’est de ma faute ».

5.     La colère contre soi : un besoin a été abandonné

Ainsi, la colère envers soi-même n’est pas une preuve d’exigence ou de lucidité.
Bien souvent, c’est le signe qu’un besoin a été trahi.

Un besoin que vous n’avez pas osé :

  • écouter,
  • reconnaître,
  • défendre,
  • ou honorer.

La colère se retourne alors contre celui ou celle qui n’a pas su, ou pas pu, protéger ce besoin.

6.     Pourquoi la colère déborde parfois

Avec le temps, la colère devient envahissante lorsqu’on l’a :

  • niée,
  • minimisée,
  • jugée,
  • ou retournée contre soi.

C’est à ce moment-là qu’elle peut se transformer en :

  • explosivité,
  • agressivité,
  • reproches,
  • ou colère rentrée, silencieuse, épuisante.

7.     Accueillir la colère, c’est écouter le besoin

Pourtant, accueillir la colère, ce n’est pas se laisser déborder.
C’est avant tout se poser une question simple et puissante :

« De quoi ai-je besoin, là, maintenant ? »

Très souvent, rien que cette question fait déjà baisser la tension.

Car la colère se détend dès qu’elle sent qu’on s’intéresse enfin à ce qu’elle essaie de dire.

8.     Quand la colère est entendue

Une fois écoutée, la colère devient :

  • plus calme,
  • plus claire,
  • plus courte.

Elle se transforme alors en capacité à :

  • demander,
  • ajuster,
  • se respecter,
  • poser une limite juste — sans violence.

À ce stade, la colère n’a plus besoin de crier.
Elle a été comprise.

9.     Un geste simple quand la colère monte

Concrètement, quand la colère apparaît :

  • arrêtez-vous un instant,
  • respirez profondément,
  • portez votre attention vers l’intérieur.

Puis, demandez-vous :

« Si j’étais un bébé, de quoi aurais-je besoin là tout de suite ? »

Très souvent, la réponse est étonnamment simple.

10.             Pour aller plus loin

Si votre colère revient souvent, si elle déborde ou, au contraire, si elle semble absente alors que tout en vous est tendu, c’est peut-être le signe que vos besoins ne sont pas suffisamment écoutés.

C’est dans cet esprit que je vous accompagne, à travers Le Voyage Intérieur, pour apprendre à reconnaître vos besoins, accueillir vos émotions et retrouver une relation plus juste avec vous-même.

Avec présence et bienveillance,

Marilyn — Le Voyage Intérieur